Diocèses d'Arras

Famille et paix : propositions de méditation

Des témoignages...

  • Méditation du frère Roger                          Aime et dis-le par ta vie

Trois siècles après la mort du Christ, un chrétien d’Afrique du Nord du nom d’Augustin écrivait ces paroles : " Aime et dis-le par ta vie. " Il est tellement vrai qu’aimer dans la transparence du cœur est au centre d’une recherche de la paix.

Aime et dis-le par ta vie. " L’une des expressions les plus claires de l’amour, c’est le pardon. Oui, le plus saisissant dans l’Evangile, c’est le pardon : le pardon que Dieu nous donne, et celui que nous donnons aux autres.

Par son amour et par son pardon, Dieu vient guérir ce qui a blessé notre cœur, parfois depuis l’enfance.

Et pour chacun de nous, pardonner peut changer notre cœur. Quand nous pardonnons, s’éloigne alors la dureté des jugements, elle laisse place à une infinie bonté. Nous cherchons à comprendre l’autre, plus qu’à être compris nous-mêmes.

Et peu à peu le pardon devient un miracle dans nos vies. Oui, essayons de nous en rappeler, le pardon est comme une vie nouvelle qui commence en nous.

Je voudrais en donner une image. A Taizé, des enfants viennent souvent à l’église pour prier. Un petit garçon de neuf ans m’a dit un jour : " Mon père nous a quittés. Je ne le vois jamais, mais je l’aime toujours et le soir je prie pour lui. " En l’écoutant, je me disais : cet enfant est un pur reflet du pardon d’Evangile.

Aime et dis-le par ta vie. " Oui, à tous les âges, enfants, aînés, ou personnes âgées, cherchons à aimer et disons-le par une vie toute simple, toute humble.

Et peu à peu nous allons comprendre qu’en aimant et en pardonnant, nous rendons heureux les autres et nous nous préparons à devenir des chercheurs de paix sur la terre, cette paix si indispensable pour toute la famille humaine.

Homélie prêchée le 30 décembre 2001 à la cathédrale-basilique Saint Etienne de Budapest.

 

 

  • Conte                                                         Tous mes enfants préférés

Un jour, un calife fit venir un homme très simple, dont on lui avait dit qu’il était un sage. Pour éprouver cette sagesse, le calife lui posa cette question : « On me dit que tu as de nombreux enfants ; veux-tu m’indiquer de tes enfants lequel est le préféré ? »

Et l’homme de répondre : « Celui de mes enfants que je préfère,

c’est le plus petit, jusqu’à ce qu’il grandisse ;

celui qui est loin, jusqu’à ce qu’il revienne ;

celui qui est malade, jusqu’à ce qu’il guérisse ;

celui qui est prisonnier, jusqu’à ce qu’il soit libéré ;

celui qui est éprouvé, jusqu’à ce qu’il soit consolé. »

Extrait de « Tu peux changer le monde » (page 155) de Charles Delhez

 

 

  • Réflexion du père Timothy Radcliffe          Vérité et conflit

« Dans quelle mesure sommes-nous capables de discuter avec nos collègues et de chercher ensemble la vérité ? Dans quelle mesure sommes-nous prêts à voir contester nos théories favorites ? Peut-être le plus grand défi […] est-il d’apprendre cela précisément, le plaisir de la discussion avec ceux qui sont différents […] Parvenir, à travers les désaccords et la critique mutuelle, à une vérité commune apte à accueillir ce qu’il y a de vrai dans chaque position […] Nous sommes appelés à être un lieu de contre-culture, de relation différente à autrui, qui nous forme à croire qu’il y a quelque chose à apprendre de ceux-là mêmes avec lesquels nous sommes en désaccord. Et cela exige de nous compassion et vulnérabilité. »

Extrait du livre « Que votre joie soit parfaite » chapitre 4

 

 

  • Eglise d’Arras n°16-2016 (extrait)                    La paix dans cette maison

… Ce qui m’a le plus touché, c’est la paix ressentie au cœur de cette maison. De la douceur entre les personnes. Des rires. Une joie simple. Une véritable fraîcheur. Le papa, Przemek, ouvrier, est un homme d’écoute. Il s’intéresse à celles et ceux qui partagent le repas. Et quand la langue est une barrière, il cherche à communiquer davantage.

J’ai vite compris que cette unité familiale était le fruit de la prière, de la foi en Jésus et en Marie. Leur dévotion n’est pas niaise ou surannée. La prière n’est pas un devoir ou une habitude, elle est une conversation intime et régulière avec Jésus, leur roc, le ciment de leur amour. J’ai beaucoup de mal à trouver les mots. J’ai reçu le témoignage humble d’une famille catholique, heureuse, simple, paisible, unie, rayonnante. « Heureux les artisans de paix » dit l’Evangile (Mt 5, 9). Dans la maison de Maria et Przemek, cette béatitude est joliment vécue.

P. Xavier Lemblé