Diocèses d'Arras

Colloque " Les diocèses en guerre"

Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2015 Colloque International à l'Université catholique de Lille "Les diocèses en guerre : l'église déchirée"

Les dioceses en guerre Les dioceses en guerre  

Colloque International

 

 

L’Eglise déchirée.

Entre « Gott mit Uns » et « le Dieu des armées ».

La guerre déclenchée de façon impromptue sur fond d’exaspération des nationalismes a suscité très tôt dans les clergés chrétiens de part et d’autre du Rhin une virulence de propos qui dépassèrent les simples justifications militaires et stratégiques. La violence péremptoire des termes employés dans les sermons et lettres pastorales par les ministres du culte ouvrait la porte à un sentiment religieux de peur, nouvelle eschatologie dont certains attendaient un « revival » religieux. L’image du Christ martyr fut de part et d’autre largement utilisée, mais qui était ce Christ auquel on identifiait la souffrance du soldat au fond de sa tranchée.

On invoqua également une guerre sainte sous la houlette d’un Christ en croix, les bras tendus vers le Ciel, implorant le Père, belle image romantique sur fond de ciel tourmenté où le saint combat serait en soi une prière. Mais était-elle juste ?

Quoi qu’il en soit, l’image même de l’universalisme chrétien volait en éclat en dépit d’un recours partagé au sens du sacrifice nécessaire et à la fortification de l’âme intérieure en une sorte de semaine sainte continuellement répétée d’où découlerait naturellement, la victoire dans la joie de Pâques. Mais pour qui ? Le dialogue entre frères ennemis devint très vite impossible, chacun cherchant alors à montrer par des actes sa bonne volonté fraternelle envers ses propres troupes rejetant sur l’autre, atrocités, destructions et exactions.

 Cent ans plus tard ces comportements suscitent toujours de graves interrogations et a conduit les historiens à réinterroger les sources des diocèses en guerre, pour questionner les comportements au quotidien. Il ressort que les doutes naquirent, des prêtres face à la mort de masse s’interrogèrent sur cette théologie de guerre qui, de facto, en jouant sur les peurs tournait le dos au message de l’espérance. Enfin certains convenaient qu’un jour, il faudrait renouer les fils rompus du dialogue entre frères… « Malgré tout chrétiens ».

                                                                                                                                                                            J.Heuclin

 

 

Jeudi 22 octobre

Sous la présidence de Dominique Foyer

(UC. Lille) 

L’épiscopat dans la guerre

9h30 : accueil.

10h-10h30 : B. Bethouart (Université du Littoral-Côte d’Opale - ULCO) :

Le diocèse d’Arras : de la tourmente à la renaissance

En première ligne durant tout le conflit dans sa partie orientale, le diocèse d’Arras, Boulogne et Saint-Omer est pleinement concerné. Les églises se remplissent de nouveau. La pratique religieuse dans les premiers mois remonte sensiblement à la satisfaction d’un clergé qui reste cependant lucide sur la profondeur et la sincérité de la démarche puis la persistance du conflit amène un assoupissement de la conviction. Mgr Lobbedey a su galvaniser ses ouailles : il patronne en 1916 un ouvrage intitulé la guerre en Artois. Le clergé l’imite dans son combat, des jeunes prêtres sont en première ligne. Mgr Julien qui prend la succession en 1917 tient à cultiver la mémoire de son prédécesseur ainsi que de ce temps où les prêtres combattants effacent l’anticléricalisme d’avant-guerre. Le diocèse connaît alors un réel état de délabrement de ses infrastructures immobilières : les églises de la zone « rouge » ont été particulièrement endommagées. Un comité de patronage est constitué. Mgr Julien veut associer dans cette œuvre tous les maires concernés et fait édifier le monument de Lorette en hommage aux morts des combats d’Artois.

10h30-11h : C. Biencourt (archives Cambrai), O.Georges (IEFR Arras):

Mgr Chollet : diriger une Eglise en territoire occupé"

Mgr Jean Chollet débute son ministère épiscopal à Cambrai le 22 janvier 1914 à la suite de la création du diocèse de Lille et de la partition du grand archevêché du Nord de la France. Dès le 26 août 1914 son diocèse occupé par les allemands est divisé en trois. A cette situation ecclésiale singulière s’additionne une situation de crise et d’exception qui bouscule l’exercice traditionnel du ministère épiscopal. Quelle organisation mettre en place pour exercer l’autorité épiscopale ? Quels rapports entretenir avec les autorités d’occupation ? Quelles réponses apporter aux mesures  prises par les occupants et qui affectent lourdement les populations ? Quels fondements et ressources spirituelles trouver pour accompagner les habitants meurtris de la région ? Mgr Chollet irréductiblement français et catholique dut bâtir une expérience pastorale qu’il est intéressant d’analyser en historien, sans porter de  jugement sur ses choix ou sur ses décisions, en l’examinant plus particulièrement sous l’angle de l’exercice du leadership d’une Eglise.

11h-11h30: Hernn Dipl.Theol. Dominik Schindler, (Ludwig-Maximilian–Universität, Munich)

Der Speyerer Bischof Michael von Faulhaber im Ersten Weltkrieg unter besonderer Berücksichtigung der Besuche an der Westfront.  (L’évêque de Spire Michael von Faulhaber et ses visites du front de l’Ouest lors de la première guerre mondiale)

En tant que prévôt militaire adjoint de l’armée bavaroise, Faulhaber considérait ses visites au front comme une mission pastorale : « le nom du prêtre, c’est messager de la paix, camarade du bon Samaritain, pont de confiance mutuelle ». Les membres du clergé en Allemagne et au front devaient justifier leurs missions de cette manière. Néanmoins Faulhaber admettait lors de la première guerre mondiale qu’elle était bien « un modèle d’une guerre juste ». Ses quatre voyages effectués à l’Ouest, (en Lorraine, Flandres et dans le Nord de la France) sont un excellent outil pour mieux comprendre l’histoire et le rôle de Faulhaber lors de la première guerre. Pourquoi rendait-il visite aux soldats dans la zone de combat ? Y avait-il uniquement des motifs pastoraux ou bien aussi des motifs nationaux-patriotiques.

 

11h30 -12h: Y. Metivier, R. Verhaeghe (professeurs agrégés),

Les visites pastorales de deux cardinaux allemands sur le front occidental en 1916 :

Felix von Hartmann et Franziskus von Bettinger.

En 1916, les deux cardinaux allemands sont venus sur le front occidental à la rencontre des soldats rhénans et bavarois. Ces voyages constituaient le couronnement de la pastorale au front, très élaborée du côté allemand et pour laquelle œuvrait toute une hiérarchie ecclésiastique militaire, du chapelain supérieur aux aumôniers du front ou dans les Etapes. Cela leur permit de rencontrer ces derniers afin d’échanger avec eux en vue d’améliorations de la pastorale. Leurs voyages s’inscrivent dans une série d’autres effectués par des confrères, sur les fronts est et ouest, mais ils furent plus médiatisés, entre autres parce qu’ils y côtoyèrent des altesses royales et impériales dans leur commandement militaire. Leurs itinéraires différents dans le temps, la durée et les lieux visités, les ont conduits tous les deux dans le nord de la France et des photos d’époque en témoignent. Elles constituent un témoignage précieux sur cette époque tragique.

12h- 12h45: discussions

12h45- 14h: Repas.

Sous la présidence d’Emmanuel Debruyne

(Université Catholique de Louvain)

Prêtres et religieux en guerre

14h-14h30: C. Maurer (Université de Strasbourg).

Les diocèses et l’organisation de la charité en Allemagne pendant la Grande Guerre.

En 1897 naît la première organisation Caritas dans le monde, le Caritasverband « pour l’Allemagne catholique ». Bien que le fondateur, Lorenz Werthmann, soit un ecclésiastique, la nouvelle création n’est pas accueillie favorablement par les évêques qui n’y voient pas suffisamment prises en compte leurs prérogatives traditionnelles de « gardien des œuvres de charité du diocèse ». La communication montrera comment le contexte de la Grande Guerre change la donne : la jeune organisation fait preuve de son efficacité sur le terrain, notamment dans le diocèse de Fribourg-en-Brisgau, et rencontre ainsi les préoccupations de la hiérarchie ecclésiastique. En 1916, celle-ci accepte, par l’intermédiaire de la conférence épiscopale, de reconnaître officiellement le Caritasverband comme le « rassemblement légitime » des organisations diocésaines de charité,  premier pas vers une reconnaissance plus large.

14h30-15h : Valentin Malfait, (U. Namur).

 Le clergé namurois durant la première occupation allemande.

            L’invasion de la Belgique d’août 1914 marque douloureusement le clergé du diocèse de Namur. En plus des nombreuses victimes civiles, 25 prêtres sont exécutés, de nombreux autres blessés ou pris en otage. La mise en place du nouveau régime d’occupation constitue une expérience totalement inédite pour la population belge. Les structures politiques nationales disparaissent et seuls les niveaux de pouvoir locaux et provinciaux se maintiennent. À partir de 1915, la présence allemande s’inscrit dans la durée et nul ne peut prédire l’issue du conflit. Quelle sera donc l’attitude du clergé namurois face à l’occupation ? Cette contribution propose un éclairage basé sur les catégories d’acceptation, d’endurance et de résistance. Le rôle de la hiérarchie face à l’occupant sera abordé, de même que les comportements sur le terrain de l’ensemble du clergé séculier.

 

 

 

 

 

15h-15h30 : Philippe Salson ( CERHIO-Université Rennes 2)

L’ordinaire du prêtre dans le diocèse de Soissons occupé.

L’invasion de la Belgique, le 4 août 1914, est le point de départ de l'occupation militaire d’un territoire fortement marqué par le catholicisme : la Belgique et le nord de la France. Dans le cadre de cette communication nous avons fait le choix de centrer notre étude sur un diocèse rural, celui de Soissons, dont la moitié nord connaît cette occupation. C’est dans ce cadre géographiquement circonscrit que nous souhaitons examiner l’ordinaire du travail du prêtre, ordinaire bien entendu perturbé par la guerre et la mobilisation, par l’absence de communication avec la hiérarchie ecclésiale et par la nécessité d’entrer en communication avec les autorités militaires allemandes.

15h30-16h: Discussions – pause

16h-16h30: Dr. Phil. Monica Sinderhauf (Archives, Evêché de Trèves),

Seelsorge an der Front – der Metzer Felddivisionspfarrer Julius Langhaeuser, “Priester zwischen den Fronten”.  (La pastorale près du front – le curé messin Julius Langhaeuser « prêtre entre les fronts ».)

La pastorale catholique allemande, structurée et organisée comme un diocèse, émergea en Prusse, seulement après 1848. Au début de la première Guerre mondiale, la pastorale militaire n’était pas du tout préparée. La Prusse comptait alors une soixantaine de ministres catholiques travaillant à plein temps y compris le Prévôt. Ce nombre n’était pas suffisant pour la pastorale des milliers de soldats mobilisés. Pour avoir un aperçu du quotidien de la pastorale sur le front Ouest, les journaux de guerre de J. Langhaeuser (1873-1954) donnent un récit vivant et authentique. Ce prêtre de l’évêché de Strasbourg était employé par l’armée prussienne depuis 1905. Ses journaux rédigés durant la guerre documentent les évènements d’une manière très concrète. Hélas seulement 4 cahiers sont encore utilisables aujourd’hui. Ils comprennent la période du 1er août 1914 au 29 février 1915 ainsi que le mois de juillet 1917 où Langhaeuser fut nommé curé supérieur de l’armée.

16h30-17h : Arne Steinberg - (doctorant – Philipps-Universität,Marburg).

"Verzicht auf Revanche". Das Kriegstagebuch 1914/18 des Divisionspfarrers der Landauer Garnison Dr. Anton Foohs. (Les journaux de guerre et la renonciation à la revanche)

17h : Discussion.

 

 

 

 

 

 

Vendredi 23 octobre 2015

Sous la présidence d’Annette Becker.

(Université Paris-Ouest Nanterre-Défense)

Clergé catholique et résistance

9h-9h30 : JC Desquiens (UC. Lille) :

Les milieux catholiques et la presse clandestine du Nord.

La presse clandestine naît des circonstances : la démobilisation de jeunes thésards inoccupés par le report de la rentrée universitaire en novembre 1915 et de la volonté d’un chef d’entreprise Firmin Dubar. Malgré les contraintes imposées par un occupant vigilant, Firmin Dubar et l’abbé  Pinte avec le Journal des occupés… inoccupés, puis Joseph Willot et quelques enseignants de l’Université catholique avec La Patience,… puisant l’information à diverses sources, s’engagent dans une aventure exceptionnelle : rédiger, imprimer, diffuser un journal dont le tirage atteindra 600 exemplaires chaque jour. Pendant 22 mois, du 1er janvier 1915 à décembre 1916 grâce au soutien du réseau catholique de Lille et de Roubaix.

9h30-10h: Christian Cannuyer (UC. Lille) :

Un service d'espionnage et de résistance "inspiré" dans le diocèse de Tournai :

Le Service du Sacré-Cœur de l'abbé Liévin-Joseph Thésin

Ce service est à l'origine du bombardement de la gare de Valenciennes toute neuve, mais aussi du gigantesque dépôt de munition de Mévergnies-Attre, le 9 mars 1918, en Belgique, qui a été une catastrophe pour l'armée allemande, déforçant l'offensive printanière qu'elle préparait.

10h-10h30 : C. Leduc (Université Artois) :

J.Peter, curé de Maroilles, pastorale, résistance et marché noir.

Le journal de l’abbé J. Peter, tenu durant son séjour à Maroilles de 1915 à 1918, découvert récemment, nous conduit au cœur d’une région rurale où il participe au réseau de Marie de Croÿ puis à renseigner le réseau de la Dame Blanche. Son activité de prêtre témoigne d’un esprit permanent de résistance aux ordres et réquisitions tout en ayant un regard critique sur ses ouailles qui tirent profit du marché noir et dont il parvient à orienter leur activité pour assurer le ravitaillement de tous.

10h30-11h : Discussions – Pause.

11h-11h30: C.Masson (UC. Lille).

Une congrégation diocésaine pendant la Première Guerre mondiale : Les Filles de l’Enfant Jésus

Les Filles de l’Enfant Jésus sont une congrégation diocésaine, née au XIX e siècle et qui compte v. 800 religieuses, à la veille de la guerre 1914-1918. Réparties en quelque 100 communautés, elles sont après les lois anti-congréganistes essentiellement vouées aux soins et services sociaux. Elles poursuivent avec foi et courage cette mission dans les conditions très difficiles de la guerre, pour la plupart en territoire occupé et/ou à proximité de la ligne de front. Cette situation rend les communications très difficiles et souvent impossibles avec la maison mère. Nous verrons le sort des religieuses évacuées avec leurs pensionnaires, orphelins, vieillards, infirmes et la manière dont la maison mère remplit sa mission, alors même que le lien vital avec les communautés est rompu.

 

 

 

11h30h- 12h: Rudy Rigaut (Université Artois).

Les juifs dans les diocèses en guerre.

La Première Guerre mondiale donne la possibilité aux juifs domiciliés dans le Nord et le Pas-de-Calais de démontrer par les armes et par le sang leur attachement national et d’exprimer leur sentiment patriotique. Les communautés religieuses des deux départements connaissent des fortunes diverses au cours de la guerre : L’Occupation à Lille et à Valenciennes, la proximité de la ligne de front et la présence des troupes britanniques à Dunkerque et à Boulogne-sur-Mer. Le dévouement des officiants, les synagogues endommagées, la nature des liens noués entre les communautés et les soldats étrangers ou leurs aumôniers, les effets de la guerre sur la vie religieuse mais aussi l’expérience combattante, permettent d’observer à la loupe l’engagement des juifs dans le conflit et leur participation à l’effort national. Cependant, cette implication et la fabrique d’une mémoire commune dans les années 1920 n’empêchent pas la persistance d’un antisémitisme virulent qui n’épargne pas les anciens combattants des persécutions anti-juives de la Seconde Guerre mondiale.

12h-12h30: Discussions

12h30 : Repas

Sous la Présidence de Bruno Bethouart

(ULCO)

La Guerre en débat.

14h-14h30: J.Heuclin (UC. Lille) :

La Correspondance catholique mensuelle. L’impossible dialogue des frères ennemis !

Cette revue mensuelle de défense des intérêts catholiques allemands face à l’action du Comité Baudrillart a été reçue à partir de 1917 par le chanoine Leman, professeur à la Catho puis secrétaire  du Comité des amitiés françaises à l’étranger en 1927. Nous examinerons le changement de ton opéré alors et les interrogations portées sur la justesse de la guerre, les perspectives de paix et la nécessité de renouer les fils rompus du dialogue par le témoignage des œuvres de paix menées auprès des combattants.

14h30-15h : Dominique Foyer (UC. Lille) :

« Guerre « juste » ou guerre « sainte » ?

Tentatives théologiques pour interpréter et justifier la guerre

Au moment de la déclaration de guerre de 1914, les théologiens français – spécialement les moralistes – se trouvèrent confrontés à la nécessité de donner une appréciation théologique au conflit qui commençait. La théorie classique de la « guerre juste » (Thomas d’Aquin, Vitoria, Alphonse de Ligori, Ballerini, Billot, etc) fondée sur une prise en compte de la nécessité de se défendre contre un agresseur injuste,  se présentait tout naturellement. Mais pouvait-elle s’appliquer sans hésitation  en la circonstance ? Qui était l’agresseur injuste ? Chacun des camps en présence pouvait revendiquer son bon droit… De plus, d’autres théories théologiques pouvaient être invoquées en puisant aux racines bibliques de la notion de « guerre sainte ». Certains envisageaient même une interprétation sacrificielle  voire mystique de la guerre et de ses horreurs. Cependant, dans l’enseignement ordinaire des facultés de théologie et des grands séminaires, aucune interprétation théologique ne semblait s’imposer nettement. Si on ajoute à cela les tentatives du Pape Benoît XV pour faire arrêter la guerre, sans désigner formellement un agresseur ou une victime, et les débats dont la presse catholique a retenti, on peut comprendre le désarroi des théologiens et donc aussi celui des pasteurs, évêques en tête.

 

 

 

 

15h-15h30 : Thierry SCHOLTES, (Archives de l'Etat de Saint-Hubert)

La construction de la mémoire de la grande guerre par le clergé belge.

Très tôt l'évêque de Namur, Mgr Heylen, a encouragé l'initiative de son secrétaire, le chanoine Jean Schmidt, de récolter les témoignages des exactions allemandes dans le diocèse de Namur (provinces de Namur et Luxembourg). Les éléments rassemblés dès août 1914 et pendant toute la guerre auraient dû servir à l'écriture d'une vaste histoire de l'Eglise belge pendant la guerre. Le projet a tourné court; seuls le chanoine Schmidt et Dom Norbert Nieuwlandt ont publié une histoire de l'invasion allemande dans le diocèse de Namur, en 8 volumes. L'édition est importante mais relativement réduite si on considère qu'ils n'ont raconté que les 15 derniers jours du mois d'août et pour leur seul diocèse alors que la documentation rassemblée concerne tout le pays et pour toute la durée de la guerre. Nous examinerons le contexte et les conditions dans lesquels les témoignages ont été rassemblé, la méthodologie des deux auteurs, le lien entre leur travail et le projet Mercier, les archives subsistantes, celles utilisées et celles encore à exploiter. En outre, je donnerai un aperçu du projet de numérisation par les Archives de l'Etat de la documentation des différents diocèses.

15h30-16h: Discussions – Pause

 

16h-16h30: Xavier Boniface (Université de Picardie) :

La mémoire des prêtres morts à la guerre dans les diocèses du Nord de la France.

Quelque 3 000 prêtres séculiers et séminaristes, sur plus de 22 000 mobilisés, sont morts durant la Première Guerre mondiale. Comment les catholiques font-ils mémoire de ces défunts ? Est-ce que le souvenir qui les porte ressemble à celui qui prévaut pour les autres catégories socio-professionnelles ? Ou bien répond-t-il à des enjeux plus spécifiques, liés au statut ecclésiastique de ces morts ? Il s’agira de s’intéresser aux communautés – paroissiales et sacerdotales – et aux institutions – notamment le diocèse et le séminaire dont sont issus ces prêtres, qui véhiculent la mémoire des clercs tués à la guerre ; il conviendra de voir aussi les formes par lesquelles le souvenir s’exprime, sorte de « lieux de mémoire » diocésains ; enfin, seront évoqués les enjeux politiques et religieux de cette mémoire, mise au service de la dénonciation de la « rumeur infâme », qui prétendait que les prêtres étaient des« embusqués », et plus généralement de la lutte contre l’anticléricalisme.

16h30-17h : M-J. Maisonneuve (Université Lille III) :

Les églises de la reconstruction.

 

17h: Discussions et Conclusion par Xavier Boniface.